Le faire et le non faire

Éloge de la lenteur Bioode

 

“L’être humain a véritablement besoin de vie et de temps pour ne rien faire. Nous sommes dans une pathologie du travail, où toute personne qui ne fait rien est forcément un fainéant.”

Pierre Rabhi

 

 

Avez vous remarqué que “ne rien faire” fait déjà partie intégrante de votre existence et ce, de manière positive ? Lorsque vous dormez la nuit, que votre corps et votre mental sont au repos, lorsque que vous vous détendez entre deux activité intenses vous permettant de récupérer ou lorsque vous prenez des vacances pour changer d’air du rythme habituel du travail… ?

 

Oui ?

 

Le faire et le non faire sont deux versants de la montagne de notre existence, ils sont inséparables. L’un sans l’autre n’est tout simplement pas possible, cela n’existe pas. Devant une telle évidence, nous pourrions penser que l’un et l’autre pourraient s’équilibrer naturellement permettant à une certaine harmonie de se manifester spontanément dans notre vie. De la même manière que la faim et la soif se manifestent à nous le moment venu, le moment pour faire du rien se présenterait à nous et nous saurions intrinsèquement de toutes nos cellules, que le moment de nous arrêter est arrivé ! Mais ça ne se passe pas toujours ainsi, n’est ce pas ?

 

Pour avoir personnellement traversé ce fait et cette perte de moi même il y a des années de cela, je peux vous assurer que repousser à plus tard la prise en compte de cette question ne peut apporter que plus de trouble et de désintégration dans notre vie. Cela n’arrange rien, hormis le soulagement d’une impression que vous avez d’une petite voix qui vous dit : Ça sera mieux pour changer ça mais plus tard ! Là ce n’est pas le moment, je vais voir ça plus tard ! Dans le futur quand je serai prêt(e) ! Après ceci ou après cela !

 

 

 

Notre vie, ce temps si court et si précieux qu’il nous est offert de traverser avec toutes les bénédictions et les miracles que cela comporte : Le fait d’être là en cet instant, à respirer un bon air, de pouvoir lire ces lignes et voir ce qui se trouve autour de vous, entendre un chant d’oiseau, sentir un parfum ou l’air caresser notre peau…etc. Tout cela nous est offert ici et maintenant, a chaque instant. Mais nous ne parvenons plus à nous laisser polliniser par la beauté de l’existence d’ici et maintenant, et nous repoussons notre existence en cela…, à plus tard. Il est donc normal, ne parvenant plus à entendre la chant de la vie ici et maintenant, que vous passiez à coté des signes que la vie et que votre corps vous envoient pour vous donner les directions de votre bien être ! Puisque ça sera pour plus tard !

 

Oui ?!

 

De la même manière que nous avons été conditionnés par notre environnement familiale, sociale, scolaire, culturel ou professionnel et nos relations dans ces environnements depuis l’enfance, de la même manière que nous avons appris à être constamment occupé, rempli de choses à faire et de problèmes à régler…et que nous avons adopté des habitudes et façons de faire incluant également cette perte de Soi même (Soi m’aime), nous avons rempli notre espace intérieur d’éléments qui n’incluaient pas dans son essence ce besoin fondamental d’écouter ce qui ce passe en nous à chaque instant. Nous l’avons perdu.

Il est donc nécessaire pour notre bien-être et notre épanouissement, de nous défaire de ces conditionnements limitants et destructeurs d’équilibre, devenus inconscients, qui nous empêche d’être neuf et attentif.

 

Si nous voulons retrouver l’équilibre et cet espace de respiration intérieure (Respiration tant philosophique que physiologique) nécessaire à notre bien-être, il nous faut ré-apprendre à nous connecter à nos fondamentaux et ré-apprendre à ne rien faire pour développer cette écoute si primordiale… à équilibrer cette balance naturelle et universelle pour retrouver en nous le chemin de l’ici et maintenant !

Pour comprendre profondément l’enjeu et la nécessité de cet équilibre entre le faire te le non faire, il n’est nul besoin de faire de hautes études, ou d’attendre la confirmation d’un expert ou d’une autorité quelconque pour commencer à en expérimenter le fait… Il suffit de regarder autour de soi comment toute chose existante se trouve être incluse dans un cycle ou un autre, et comment les variations produites par ces cycles amènent les choses à traverser des états différents formant un ensemble harmonieux et permettant au monde tel que nous le connaissons, d’exister. Les saisons, le jour et la nuit, l’inspire et l’expire… Des cycles naturels au delà du conditionnement de la pensée humaine !

 

De la même manière que le cycle de la marche l’est pour l’être humain, pied droit,  puis pied gauche, pied droit etc… le faire et le non faire son les deux aspects d’un tout, qui bien répartis, contribuent à l’équilibre de l’ensemble. Vous savez probablement que marcher c’est passer de l’équilibre sur une jambe à l’équilibre sur l’autre jambe, en passant par le déséquilibre entre les deux.

Bon ! Nous n’allons pas nous mette à juger l’un ou l’autre de ces deux éléments comme bien ou mal, en voulant supprimer ou privilégier l’un ou l’autre !! Ou alors votre capacité à vous déplacer va s’en ressentir immédiatement ! Essayez si vous le voulez de ne privilégier que l’un des deux aspect de la marche… parfois passer par l’expérimentation aide à intégrer les choses et la métaphore.

 

 

Toujours vouloir être occupé, performant, actif… revient à faire de la pensé le maitre d’œuvre de notre existence ! Mais peut être avez vous remarqué que la pensé n’est pas assujettie au monde de la matière !! Il n’est pas compliqué pour elle, de faire des pirouettes constantes, d’aller et venir ici et là dans le passé ou le futur, défiant le bon sens et la réalité la plupart du temps… !!! Mais le plus important dans ce qui nous réuni ici, c’est de réaliser que vous n’êtes pas vos pensées et qu’elles ne sont pas non plus à vous ! Nous ne somme pas nos pensées, et en regardant même de très prêt vous vous apercevrez peut-être également que vous ne les choisissez même pas ! Quand elles apparaissent vous ne pouvez qu’en constater la présence ! La source même de leur apparition n’est pas sous votre contrôle… alors pourquoi leur laisser les commandes totales de notre vie ? Et n’oublions pas notre corps ! Un corps ça ne peut pas faire des pirouettes 24h/24 à longueur de temps sans se soucier de ce qui lui arrive… ou bien tôt ou  tard vous allez aussi le sentir passer. Le corps est notre lien à la réalité de la matière.

Il nous faut donc retrouver en nous, le chemin d’un retour à l’équilibre de tout les éléments qui sont en nous, en empruntant les trois voies d’accès à notre disposition : Le Corps physique en écoute et entretient, le Mental remis à sa juste place, l’Esprit avec l’intuition et le silence en soi.

 

 

Le mental vit dans un cercle vicieux.
Il crée lui-même les problèmes et ensuite essaie de les résoudre.

Svami Prajnanpad

 

La pensée est difforme, contrefaite,
car elle peut inventer n’importe quoi
et voir des choses qui ne sont pas.
Elle joue les tours les plus extraordinaires.
Nous ne pouvons donc pas compter sur elle.

Krishnamurti

 

Le faire et le non faire sont indissociables, alors incluons les naturellement dans notre vie de tout les jours. Apprenons donc à revenir à nous même et à respirer tranquillement en laissant de coté les pensées conditionnées qui voudraient nous faire culpabiliser ou juger une inaction, un repos ou une contemplation par la soit disant perte qu’elle pourrait engendrer. Ça ne tient pas !

Marchez dans l’herbe les pieds nus, regardez le ciel et les nuages… Redonnez de l’espace en vous, à la contemplation de l’existence autour de vous et en vous, dans l’instant. Prenez du temps pour vous, pour développer votre créativité… pour vous faire masser ! Faire une pause, remettre les compteurs à zéro…

 

Pour pouvoir prendre soin du futur,

Il faut savoir prendre soin du présent,

Car le futur n’est constitué que d’une seule substance

appelée Présent

 

Thaï

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